Occasionnels et canards, les plus vieux ancêtres de la presse.

 

canard

Les origines de la presse française remontent à peu près au XVIe siècle. Des occasionnels relaient alors les événements les plus intéressants et des canards faisaient trembler les mauvais catholiques. Ce sont ces publications, bien entendu, qui sont les plus spectaculaires:

Discours Miraculeux 1582 

« … Le Vingt-septiesme jour de May dernier mil cinq cens quatre-vingt-deux en la Ville Capitale du Duché de Brabant dite Anvers, se trouva une jeune et belle au possible et fort aimable fille, au demeurant riche et de maison opulente qui la rendait d’autant fiere et orgueilleuse à ses désirs charnels, ne cherchant tous les jours que les moyens par le fard et les habits somptueux à complaire à une infinité de mignons qui lui faisaient la cour. Ceste fille, suivant la coutume, est envoyée et invitée à certaine nôces d’un des amis de son père, qui se mariait ; elle n’y voulant faillir et aise au possible de se trouver à tel festin pour paraistre en beauté et bonne grace par-dessus toutes les autres Dames et filles, se décora et accommoda de ses meilleurs et plus somptueux vestemens, n’oubliant sur toutes choses se farder de vermillon et autres diverses drogues propres en tel art, tiree de l’exercice et attrayante accoutumee des Italiennes courtisanes, mesme de joindre à ses cheveux une frisée et grande rattepenade, attachee d’épingles d’argent, et pour élucider ceste somptuosite et superstition de bravade fit faire quatre ou cinq collets dont l’aune de toile coustait neuf ecus. Ces collets acheves, elle manda une Empeseuse de la Ville pour lui en empeser deux le jour et le lendemain des nôces. L’Empeseuse au mieux qu’il lui fut possible empesa lesdits collets, mais ils ne se trouverent pas au gre de ladite fille, qui a l’instant envoya querir une autre Empeseuse a laquelle elle bailla lesdits collets et sa coiffure pour l’empeser. Ceste seconde Empeseuse mit toutes ses forces a bien accommoder lesdites fraises et coiffures ; mais elle ne put si bien faire que cela fut au gre de la jeune fille, qui, depitee et comme enragee, reprend et jette de depit par la chambre ses atifes coiffures et collets, jurant et blasphemant le nom de Dieu, qu’elle aimerait mieux que le Diable l’emportât que de se transporte aux nôces revêtue d’une telle sorte. La pauvre et forcenee fille n’eust sitost acheve tels propos, que le Diable qui estait aux aguets ayant pris l’apparence d’un des plus favorises amoureux de ladite fille, se presente a elle ayant les fraises  a son col, bien dessees et accommodees, la fille abusee le voyant et estimant celui-ci estre l’un de ses principaux mignons, lui commence à dire doucement : Mon frand ami, qui est-ce qui vous a si bien dresse vos fraises, elles sont ainsi que je les demande. L’Esprit malin a l’instant repond  que lui-même les avait ainsi dressees ; et ce disant, les osta de son col et les mit joyeusement à celui de ladite fille, au grand contentement et appetit desordonne d’icelle, puis pour la perfection de ce stratagême, ce maudit Satan qui ne pretendait autre chose qu’à perdre l’asme, embrasse la pauvrette par le milieu du corps, feignant la vouloir baiser, et avec un horrible et espouvantable cri, lui tord et rompt miserablement le col et la laisse morte sur le plancher de ladite chambre. Ce cri fut si haut qu’estant entendu par le père de la fille et ceux de sa maison, il leur donna incontinent presage de quelque malheur advenu, et sur ces entrefaites montent en la chambre ou ils trouvent ceste fille gisante en terre roide morte, ayant le col et le visage noir et meurtri, et la bouche bleuastre et toute défiguree, tellement que tous ceux qui regardaient cette aventure estrage demeuraient si épouvantes que les cheveux leur herissaient et dressaient d’horreur en leurs testes… » 

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